Sur le radarÇa va mieux qu’on pense :  le balado qui fait du bien

Ça va mieux qu’on pense :  le balado qui fait du bien

Par Marie-France Létourneau Collaboration spéciale

Parler d’environnement, c’est loin d’être ennuyant, selon Bianca Bernard et Grégory Pratte. Et, contrairement à ce que certains croient, ce ne sont pas les bonnes nouvelles ni les initiatives inspirantes qui manquent en lien avec la santé de notre planète. Le duo s’est justement donné pour mission d’en faire la démonstration avec le balado Ça va mieux qu’on pense, lancé en février dernier.

Un balado épaulé par Enviro Connexions

Pour y arriver, les deux coanimateurs misent sur leur complémentarité, mais également sur leurs différences. Différence d’âge d’abord : l’une a 32 ans, l’autre, 52 ans. Puis, différence de caractère. Alors que Grégory Pratte a des opinions tranchées et bien assumées, Bianca Bernard, grande curieuse aux multiples questions, fait davantage dans la nuance.

Tous deux se passionnent cependant pour les sujets et enjeux environnementaux d’horizons multiples. Ils prennent surtout beaucoup de plaisir à relayer les histoires de ceux et celles « qui décident de prendre le taureau par les cornes et qui choisissent de faire des actions à hauteur humaine », explique Grégory Pratte, expert en sensibilisation environnementale.

Un exemple ? La tomate étant parmi les fruits et légumes les plus gaspillés au monde (au Canada seulement, il s’en jette 1,1 million chaque jour), l’entreprise québécoise Pretty Ugly Company a décidé de combattre ce gaspillage alimentaire une tomate moche à la fois en produisant, entre autres, une gamme de… salsas.   

Bref, une bonne raison de croire que « ça va mieux qu’on pense », non ?

C’est d’ailleurs la rencontre entre Grégory Pratte, Bianca Bernard et les cofondateurs de Pretty Ugly Company, Pierre-Olivier Gendron et Lysanne Bourret, qui lance la série de balados de 10 épisodes, disponibles sur toutes les plateformes de baladiffusion ainsi que sur YouTube.

Espoir et action

« Pour nous, Ça va mieux qu’on pense est bien plus qu’un simple podcast. C’est notre manifeste pour un avenir dans lequel l’espoir et l’action vont de pair, affirme Bianca Bernard, également productrice chez Mom Studio, à Montréal. Nous croyons fermement que chaque geste, aussi petit soit-il, compte dans la lutte pour un environnement plus sain. »

« Ce balado est notre moyen de partager cette conviction et de propager cette énergie positive à tous ceux qui veulent faire une différence », ajoute-t-elle.  

Il faut préciser que les deux coanimateurs n’en sont pas à leur première collaboration. Ils se sont rencontrés dans le cadre de la série de capsules vidéo environnementales, ludiques et éducatives, baptisée Green ta vie, lancée en 2016 par Bianca Bernard et Érika Roy.  

Grégory Pratte travaillait à l’époque comme responsable des relations publiques chez Tricentris. Cette entreprise et la société VIA, toutes deux engagées dans le recyclage au Québec, s’étaient unies, en marge de Green ta vie, pour promouvoir le tri efficace des matières recyclables.

« Le message qu’on envoyait à l’industrie, c’est que c’est possible de parler de gestion des matières résiduelles sans que ça soit plate », fait valoir M. Pratte, qui agit également comme chroniqueur et conférencier.

Grégory Pratte et Bianca Bernard ont pris des routes différentes après les deux saisons de Green ta vie. Mais le hasard a voulu que leurs chemins se croisent à nouveau quelques années plus tard. Leur amitié a grandi au fil du temps, et l’idée de réaliser un projet commun s’est imposée.

La table était ainsi mise pour que le balado Ça va mieux qu’on pense voie le jour.

Partenaire principal

Dans l’élaboration de leur projet, Grégory Pratte et Bianca Bernard ont pu compter sur l’appui immédiat et enthousiaste d’Enviro Connexions, expert en gestion intelligente des déchets, à titre de partenaire principal.

L’entreprise leur a donné carte blanche, ce qui réjouit les animateurs, qui coproduisent également le balado.

« Ce projet s’inscrit parfaitement dans notre démarche, qui vise à participer à l’enrichissement des discussions en environnement », souligne Anne-Marie Hallé, directrice des affaires publiques à Enviro Connexions.

« Il y a des gens de cœur, des projets et des initiatives qui donnent espoir et qui méritent d’être sous les projecteurs, poursuit-elle. C’est ce que proposent Bianca et Grégory, en privilégiant les nuances, et ce, dans la bonne humeur. C’est une chance de pouvoir appuyer ce duo intelligent et sympathique. »

Pour la production de leur série de balados, les deux communicateurs peuvent par ailleurs compter sur la collaboration d’une petite équipe à l’efficacité redoutable, entre autres pour le montage de chaque épisode et leur diffusion sur différentes plateformes. Une gestionnaire des réseaux sociaux participe également au projet.  

Pour l’heure, les épisodes, d’une durée de 60 à 90 minutes, sont mis en ligne toutes les deux semaines. Le coup d’envoi de la série a été donné de façon symbolique le 14 février dernier, question de « donner un peu d’amour à l’environnement », relève Mme Bernard.

Les invités du balado proviennent de différents horizons. Même chose pour les thèmes abordés. Détail : les conversations débordent largement du bac bleu, auquel ont d’abord été associés les animateurs. On passe par exemple du gaspillage alimentaire à l’économie circulaire et de l’engagement citoyen à l’innovation sociale.

Le tout est présenté de façon « ultravulgarisée », précise la coanimatrice. Un élément essentiel, selon elle, pour que Ça va mieux qu’on pense rejoigne et intéresse un large public. 

En mode conversation

Outre les fondateurs de l’entreprise Pretty Ugly Company, Grégory Pratte et Bianca Bernard ont rencontré les journalistes et coautrices du livre Vivre avec une seule planète, Camille Dauphinais-Pelletier et Élizabeth Ménard, de même que le metteur en scène et militant écologiste Dominic Champagne.

À l’origine du Pacte pour la transition, lancé il y a un peu plus de cinq ans, M. Champagne revient, avec franchise et lucidité, sur cette expérience. Même s’il est davantage effacé du débat public, l’actualité continue à l’interpeller. Il se fait d’ailleurs critique à l’endroit du gouvernement actuel, entre autres sur sa gestion du dossier de la filière des batteries.

Mais c’est en mettant les mains dans la terre que l’artiste, qui a notamment travaillé avec le Cirque du Soleil à Las Vegas, affirme avoir retrouvé un certain « sens du rapport à la vie ». « L’année passée, j’ai parti 200 plants dans mon potager, raconte-t-il. Je mange encore mes légumes aujourd’hui. J’ai planté environ 500 arbres pour partir une forêt nourricière. »

Parmi les autres invités : le populaire jardinier maraîcher Jean-Martin Fortier ; l’architecte Pierre Thibault, qui a travaillé sur le concept du Lab-École ; Fauve Doucet, à l’origine de Partage Club, l’application mobile de prêts d’objets ; ainsi que la directrice corporative du développement durable à Cascades, Marie-Ève Chapdelaine.

Le format balado, qui met de l’avant les discussions, cadre bien avec les aspirations des animateurs. « Ça nous permet d’approfondir les sujets, relève Bianca Bernard. On peut vraiment laisser de la place aux experts ou aux personnes qu’on reçoit et les laisser détailler leur pensée. »

Gregory Pratte, qui se définit comme un « connecteur » dans le milieu de l’environnement, affirme pour sa part que le balado lui offre un mode de communication supplémentaire pour propager les bonnes nouvelles, alors qu’il est déjà présent à la radio, à la télévision ainsi que dans les médias sociaux.  

À ce jour, le plus grand défi du duo demeure cependant de faire connaître l’existence de Ça va mieux qu’on pense.

Qu’à cela ne tienne, le balado rejoint un auditoire jusqu’en France par le biais de la plateforme YouTube. En fait, selon les statistiques récoltées après la diffusion des trois premiers épisodes, près de la moitié des écoutes a été réalisée au pays de l’Hexagone.

Suite à prévoir

Le plus grand souhait de Gregory Pratte et de Bianca Bernard, c’est par ailleurs que l’aventure se poursuive au terme de la première saison. Ce ne sont pas les bonnes histoires à raconter ni les invités inspirants qui manquent, font-ils valoir.

Dans un monde idéal, la conversation se poursuivra éventuellement avec le biologiste, océanographe et humoriste Boucar Diouf, ou encore avec l’actrice et dramaturge Christine Beaulieu. Cette dernière a signé la pièce de théâtre J’aime Hydro et la série télévisée Déconstruire.  

Qui sait, des épisodes pourraient également être réalisés en France, question de s’inspirer des histoires d’ailleurs mises de l’avant par des acteurs de changements, font valoir les animateurs.

« C’est sûr qu’on a une vision à long terme avec le projet », laisse tomber M. Pratte.   

Les commentaires reçus à ce jour sont très positifs, se félicite Bianca Bernard. Elle estime que les sujets abordés atteignent leur cible. « Plus on va semer des histoires différentes, plus on va toucher les gens », calcule-t-elle.  

« C’est un beau legs de donner un peu de lumière, conclut Grégory Pratte. Quand on lit les journaux, on a l’impression que ça va mal. Mais quand on creuse juste un peu, on trouve des affaires qui vont bien et qui ne font pas le front page. Nous, c’est ce qu’on met en lumière. »

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