CTTEICaractériser pour mieux valoriser 

Caractériser pour mieux valoriser 

Par Julien Beaulieu, chercheur titulaire de la CRÉIT - CTTÉI

Améliorer la GESTION DES MATIÈRES RÉSIDUELLES : OUI, MAIS QUOI ?  

On dit souvent qu’on ne peut pas améliorer ce qu’on ne mesure pas. Pour beaucoup d’organisations, et notamment pour les petites et moyennes entreprises, c’est un réel enjeu.

Plusieurs programmes intéressants, comme ICI on recycle + de RECYC-QUÉBEC, aident les organisations à mieux prendre en charge leurs résidus et à encourager leur mise en valeur selon la hiérarchie des 3RV-E. Toutefois, pour y être admissible, il faut mettre à jour ses données de caractérisation tous les trois ans. Cela signifie qu’il est essentiel de faire le portrait de ce qu’on génère. En d’autres termes : il faut trier, compter et évaluer ses matières résiduelles !

Quelle quantité produisons-nous ? Dans quelles proportions ? Où sont-elles acheminées ? Quelles étapes peuvent être améliorées ? Quels messages de sensibilisation devons-nous adresser à nos employés ? Ce sont là seulement quelques-unes des questions que les entreprises se posent.

Même si participer à un programme gouvernemental n’est pas notre priorité, si nous entreprenons une démarche en faveur de l’économie circulaire, ou si nous souhaitons simplement réduire notre empreinte environnementale, la première étape consiste toujours à déterminer notre point de départ en matière de génération de résidus.

UN OUTIL PÉDAGOGIQUE GRATUIT 

Or, la réalité, c’est que la main-d’œuvre qualifiée en technique environnementale n’est pas encore suffisante sur le marché pour répondre aux besoins de tous, et que toutes les organisations n’ont pas la capacité ou les moyens de faire appel à un spécialiste. C’est ce que nous constatons chez les organisations qui font appel à nous ou que nous côtoyons au quotidien. C’est aussi ce qu’observent nos partenaires chez RECYC-QUÉBEC et dans les cabinets de stratégies environnementales, comme Stratzer (anciennement Chamard stratégies environnementales).

Afin de les outiller, le CTTÉI a publié cet automne le Guide de caractérisation des matières résiduelles. Celui-ci fournit aux entreprises et aux organisations une méthodologie simple pour mesurer leur production de résidus. Il a pour objectif de guider les gestionnaires et les responsables dans la compilation, puis le calcul de leurs données de gestion de matières résiduelles (GMR).

La caractérisation permet d’obtenir un portrait quantitatif et qualitatif des matières résiduelles générées, récupérées et jetées par catégorie de matières. Elle s’adapte aux différents secteurs d’activité, car on ne travaillera pas de la même façon selon qu’on étudie un siège social principalement constitué de bureaux, un espace de vente alimentaire, une usine manufacturière ou une école, par exemple. Des aspects de santé-sécurité pour les techniciens responsables de ces opérations sont également intégrés dans la méthodologie.

Les meilleures pratiques, pas à pas

Concrètement, le guide explique la manière de former une équipe responsable de la caractérisation. Il détaille les conditions nécessaires pour réaliser un audit de matières résiduelles en s’adaptant à la réalité de différents types d’organisations. Il précise la manière de déterminer les zones à évaluer, de catégoriser les résidus et de rassembler les équipements nécessaires. Pour toutes ces questions, le guide explique la façon de s’y prendre et il fournit des outils appropriés, y compris une grille de calcul Excel.

Des papiers confidentiels aux déchets organiques, en passant par les emballages recyclables, des variations saisonnières à la prévention des contaminations, des méthodes de documentation à l’extrapolation, tout est là pour se poser les bonnes questions et y répondre adéquatement.

Tout compte fait, l’objectif est d’évaluer le plan d’action existant et de mettre en place d’autres mesures qui amélioreront le bilan global. Votre empreinte environnementale s’en trouvera réduite et des économies seront assurément générées. Pourquoi ne pas vous y attaquer sans tarder ?

1001 bonnes raisons de caractériser LES MATIÈRES RÉSIDUELLES

  • Développer des stratégies pour réduire la quantité de matières résiduelles générées, spécialement les déchets ultimes.
  • Réduire ses coûts de GMR.
  • Optimiser l’efficacité des voies de collecte pour augmenter le taux de récupération.
  • Comprendre l’origine et l’ampleur de la contamination dans les voies de collecte pour alimenter un programme de sensibilisation.
  • Identifier les zones où intervenir pour améliorer la GMR.
  • Réduire l’empreinte environnementale de l’organisation.
  • Planifier l’implantation de nouvelles mesures ou vérifier leur impact.
  • Tenir des statistiques et suivre l’évolution de la performance dans le temps.
  • Procéder à une analyse économique des contrats de collecte selon les quantités vérifiées de matières collectées.
  • Faire de la reddition de comptes.
  • Communiquer avec rigueur la performance en GMR et l’engagement environnemental aux parties prenantes.
  • Répondre aux exigences d’une norme environnementale ou obtenir une attestation.
  • Accéder à de nouveaux clients ou fournisseurs par une amélioration de la GMR.
  •  

À propos du Guide

Le Guide de caractérisation des matières résiduelles est gratuit et téléchargeable en ligne sur le site du CTTÉI :

http://www.cttei.com/guide-caracterisation-des-matieres-residuelles/ 

L’outil a été élaboré dans le cadre des travaux de la Chaire de recherche pour l’écologie industrielle et territoriale (CRÉIT), affiliée au Cégep de Sorel-Tracy et au CTTÉI. La CRÉIT vise à soutenir la transition des entreprises québécoises vers l’économie circulaire en apportant des solutions innovantes aux enjeux actuels de gestion des matières résiduelles et de mise en valeur des résidus industriels. 

Ce guide est rendu possible grâce à l’appui financier du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) ainsi que des partenaires de la chaire.

Il a été rédigé par l’équipe du CTTÉI, composée de Julien Beaulieu, chercheur, de Jennifer Pinna, conseillère en économie circulaire, et de Marc Olivier, professeur-chercheur au Cégep de Sorel-Tracy et à l’Université de Sherbrooke.

Le guide a bénéficié de la collaboration précieuse de RECYC-QUÉBEC, et en particulier d’Étienne Angers, agent de développement industriel, ainsi que de celle de Francis Fortin, président-directeur général et de Benoit Proulx, directeur principal de Stratzer.

Article écrit avec la collaboration de Jennifer Pinna, conseillère experte en économie circulaire (CTTÉI)

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