Sur le radarÉco Entreprises Québec : Une petite révolution à grande vitesse

Éco Entreprises Québec : Une petite révolution à grande vitesse

Par Steven Ross Collaboration spéciale

À partir de janvier 2025, la modernisation de la collecte sélective entrera formellement en vigueur. Éco Entreprises Québec (ÉEQ) assumera pleinement son rôle de grand donneur d’ordres. En tant qu’organisme de gestion désigné (OGD) de la collecte sélective sur l’ensemble du territoire québécois depuis octobre 2022, ÉEQ s’apprête en effet à orchestrer un important changement. Il est d’ailleurs sur le point de conclure la ronde d’ententes qui amènera la totalité des municipalités de la province à prendre le cap de la modernisation. Tour d’horizon avec Maryse Vermette, présidente-directrice générale de l’organisme.

Parmi les changements attendus, notons que les matières recyclables seront désormais la propriété des producteurs, représentés par ÉEQ. Les citoyens auront dorénavant une seule et même liste de matières à récupérer, partout au Québec.

Mais avant la date butoir de janvier prochain, soit d’ici l’été 2024, ce seront plus de 120 ententes de partenariat avec des organismes municipaux qui auront été conclues en moins d’un an par ÉEQ afin de couvrir l’ensemble des services de collecte sélective sur le territoire québécois.

Objectif : moderniser le système québécois, lui donner plus d’agilité et de cohérence et permettre à l’ensemble de la population de récupérer partout les mêmes matières, qu’on vive à Bromont ou dans Rosemont. « Enfin ! », diront plusieurs. 

Pour Maryse Vermette, ce tour de force s’apparente ni plus ni moins à une révolution : « Au Québec, la responsabilité de la collecte repose actuellement sur plus de 560 organismes différents, explique la PDG d’ÉEQ. Cependant, dans le système modernisé, il faut réduire et optimiser. À terme, il n’y aura plus que quelque 120 interlocuteurs, ce qui constitue une petite révolution pour parvenir à un grand changement ! »

Cela place donc ÉEQ dans la position du chef d’orchestre, qui laissera à ces quelque 120 organismes municipaux le soin de contracter la collecte et le transport des matières recyclables vers les centres de tri, selon des critères et modalités convenus avec l’OGD de la collecte sélective.

Ce changement de paradigme, ÉEQ le fait toutefois en collégialité avec les municipalités concernées, selon un modèle établi en fonction des besoins et critères propres au Québec. En effet, ailleurs au Canada, l’organisme de gestion désigné implante un nouveau système de collecte de manière indépendante, qui évacue complètement les villes de l’équation. Au Québec, on a voulu faire autrement.

Ici, les spécificités de chaque municipalité et MRC sont prises en compte, et les villes continueront de faire un travail de premier plan pour le citoyen, ce qui a certainement facilité la négociation des ententes : « Les villes continueront de remplir le rôle dans lequel elles sont les meilleures et dans lequel la population a le plus besoin d’elles, soit le service de première ligne au citoyen », rapporte la présidente-directrice générale.

Elle explique que pour ÉEQ, l’important était de parvenir à réduire le nombre d’interlocuteurs responsables de la collecte, et que les moyens pour y parvenir étaient assez flexibles : « Nous travaillons tous dans le même objectif, donc nous avons réellement mis la concertation au cœur de nos préoccupations. »

Pour preuve, ÉEQ a réalisé une tournée du Québec en 2023 pour aller à la rencontre des divers intervenants concernés et s’assurer que les joueurs impliqués se sentent confiants et entendus. « Nous voulons faire la démonstration que le modèle québécois va fonctionner et que la relation entre ÉEQ et les organismes municipaux en est une de confiance », confie Maryse Vermette.

La PDG et son équipe sont allées sur le terrain à la rencontre des élus et des directeurs généraux de municipalités et de MRC dans nombre de régions, comme l’Outaouais, l’Estrie et la Gaspésie, pour ne nommer que celles-là. Elles ont de plus pris part aux grands rendez-vous tenus tant par l’Union des municipalités du Québec (UMQ) que par la Fédération québécoise des municipalités (FQM). Également, plus d’un millier d’élus et de gestionnaires municipaux ont participé à l’un ou l’autre des six webinaires sur la modernisation de la collecte sélective, réalisés en collaboration avec Réseau Environnement.

Autre volet important mené de front au cours des douze derniers mois : établir des ententes avec les centres de tri dispersés un peu partout au Québec. Effectivement, dans le cadre de son nouveau rôle, ÉEQ devient propriétaire de toute la matière collectée jusqu’à ce que celle-ci trouve sa deuxième vie. L’organisme a donc la responsabilité d’établir le pont – de signer des ententes contractuelles – avec les centres de tri et d’assurer que la modernisation de la collecte se traduise aussi par une modernisation du tri et de la transformation.

ÉEQ vise la conclusion de toutes ces ententes avec les centres de tri avant la fin de l’été 2024. Encore une fois, la collaboration est au rendez-vous pour parvenir à élever le degré de maturité du tri au Québec : « Notre préoccupation première est de rehausser la qualité de la matière triée pour répondre aux spécifications des recycleurs. L’objectif est que ça fonctionne, donc nous ne sommes pas dogmatiques sur le modèle d’affaires », soutient Mme Vermette.

Signe que les choses vont bon train de ce côté, ÉEQ a donné en 2023 un contrat pour la construction d’un centre de tri ultramoderne dans l’est de l’île de Montréal. Le centre, qui sera en service début 2025, créera des emplois de qualité et sera le deuxième plus avancé technologiquement en Amérique.

Ce genre de complexe vise notamment à répondre à l’objectif gouvernemental souhaitant que d’ici 2030, tous les résidents de la province aient accès à un centre de tri, peu importe leur lieu de résidence.

Pour ÉEQ, cette exigence amène déjà beaucoup de pain sur la planche puisque certaines régions éloignées du Québec posent de grands défis, surtout en matière de transport. « On pense notamment aux communautés autochtones ou encore aux villages du Grand Nord. Nous avons de gros défis et ils nous tiendront occupés toute cette année. Mais nous avons confiance que les résultats seront au rendez-vous », conclut Maryse Vermette.

Populaires

PFAS : revenir aux sources du problème

Saviez-vous que le Québec ne compte aucune usine produisant des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, et que la réglementation fédérale interdit depuis plusieurs années la...

Réduction à la source : l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC), un modèle à propager

Une nouvelle avenue pour l’innovation    Miser sur la vente de l’usage des produits plutôt que sur la vente des produits eux-mêmes, voilà une stratégie...

Choisir les bons mots pour plus d’impact : Retour sur une publication qui a (un peu) fait jaser

Le point de départL’idée de rédiger ce qui suit découle d’une simple publication que j’ai faite sur LinkedIn : une photo illustrant des bacs...
Publicitéspot_img