CETEQLes dommages collatéraux des travaux sur le tunnel La Fontaine

Les dommages collatéraux des travaux sur le tunnel La Fontaine

Kevin Morin, Directeur général intérimaire du CETEQ

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) procédera jusqu’en 2025 à la réfection majeure du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de prolonger sa durée de vie. Selon les dernières informations obtenues, seulement trois des six voies seront ouvertes durant les travaux. Or, couper 50 % des voies du plus gros lien routier entre Montréal et la Rive-Sud n’est pas sans conséquence.

En effet, pour les entreprises qui gèrent les matières résiduelles, les répercussions sont grandes, puisqu’elles doivent tout de même collecter les matières de chaque maison située dans les secteurs en périphérie du tunnel, où la congestion est importante. De plus, puisque leurs installations sur la Rive-Sud et la Rive-Nord se trouvent majoritairement du côté est, leurs véhicules doivent emprunter le tunnel plus de 2500 fois par semaine.

L’effet domino

À cause de la congestion, les camions prennent plus de temps à faire l’aller-retour entre le lieu d’enfouissement technique (LET) et les centres de transbordement. Cela cause une accumulation des matières dans ces derniers, empêchant ainsi le déchargement des camions municipaux et privés de collecte de déchets. Plus les camions attendent avant d’être déchargés de leur contenu, moins ils peuvent visiter de maisons dans une journée. Lorsque le trajet ne peut être terminé dans la même journée, il doit l’être le lendemain. De ce fait, le trajet prévu au lendemain commence avec du retard, lequel s’échelonne toute la semaine, jusqu’au vendredi. L’effet domino s’arrête le samedi, car certaines villes acceptent que la collecte du vendredi soit reprise le samedi. Cet effet se fait également sentir dans les régions plus éloignées, car ce sont ces mêmes camions et opérateurs qui font la collecte de leur territoire.

Les entreprises de GMR sont en mode solution

Malgré le contexte difficile, les entreprises sont proactives. Elles ont mis en place des mesures visant à diminuer les répercussions de cette situation sur leurs clients, et ce, avant même que le plan d’action du MTQ leur soit présenté :

  • Embauche de chauffeurs ;
  • Achat de camions et de remorques ;
  • Optimisation additionnelle des routes de collecte ;
  • Prolongation des heures d’exploitation des centres de transbordement et des lieux d’enfouissement technique ;
  • Autres mesures en discussion avec le MELCC.

Assouplissements demandés aux municipalités En dépit de ces changements, la clientèle municipale ressent les effets de cette réfection, et ceux-ci continueront à augmenter au fil de l’intensification des travaux. Pour limiter les conséquences et s’assurer que les municipalités pourront bénéficier du service de qualité offert par les entreprises de GMR, le CETEQ propose plusieurs pistes de solutions qui sont à leur portée et qui ne modifient pas substantiellement l’offre de service attendue :

  • Permettre aux entreprises de collecte de commencer leur journée 30 minutes plus tôt et de terminer une heure plus tard, sans pénalité ;
  • Accepter que les collectes de matières soient terminées le lendemain sans pénalité (même le samedi, le cas échéant) ;
  • Déplacer la collecte à une autre journée dans la semaine où les effectifs matériels et humains des entreprises sont davantage disponibles ; 
  • Réajuster les besoins de camions de façon journalière pour certaines collectes.

Le CETEQ et ses membres souhaitent collaborer avec les municipalités afin de limiter le plus possible les répercussions des travaux sur la prestation de services. Toutefois, les mesures mises en place par les entreprises ne peuvent engendrer d’effets réels que si les municipalités leur accordent des assouplissements dans leur exécution de contrats.

Le départ d’un bâtisseur du CETEQ

En juin dernier, M. Richard Mimeau annonçait son départ de la direction générale du CETEQ, après plus de neuf ans à la tête de l’organisation. À la suite d’une carrière politique prolifique d’une trentaine d’années, Richard a pris les rênes du CETEQ en 2012. Dès son arrivée, il a participé à la mise en œuvre de changements colossaux à l’association afin de redorer son image et de refléter au mieux l’industrie environnementale du Québec. Prenant ainsi le taureau par les cornes, notamment avec la collaboration de membres fondateurs, de partenaires et de l’équipe de la permanence, Richard a donné au CETEQ ses lettres de noblesse. Son approche positive et collaborative a contribué à l’avancement des multiples dossiers de l’association et a fait du CETEQ le porte-parole de choix de l’expertise privée de l’économie verte.

Au cours des derniers mois, j’ai eu l’occasion d’apprendre à ses côtés. J’ai ainsi constaté tous les efforts qu’il a déployés afin de représenter avec justesse les intérêts de nos membres auprès des gouvernements et des municipalités. Tous ceux et celles qui l’ont côtoyé savent que Richard est un homme passionné par les enjeux de l’industrie. Dévoué, il a su partager avec l’association non seulement sa vision stratégique et son esprit affiliatif, mais également sa passion inébranlable pour le ballon-balai! Le CETEQ tient à le remercier pour son énorme contribution et à lui souhaiter bon succès dans son nouveau défi.

Populaires

PFAS : revenir aux sources du problème

Saviez-vous que le Québec ne compte aucune usine produisant des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, et que la réglementation fédérale interdit depuis plusieurs années la...

Réduction à la source : l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC), un modèle à propager

Une nouvelle avenue pour l’innovation    Miser sur la vente de l’usage des produits plutôt que sur la vente des produits eux-mêmes, voilà une stratégie...

Choisir les bons mots pour plus d’impact : Retour sur une publication qui a (un peu) fait jaser

Le point de départL’idée de rédiger ce qui suit découle d’une simple publication que j’ai faite sur LinkedIn : une photo illustrant des bacs...
Publicitéspot_img