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NovAxia joueur essentiel de la modernisation

Par Guy Des Rochers

La modernisation des systèmes de consigne et de collecte sélective — faite selon une approche de responsabilité élargie des producteurs (REP) — entraîne une petite révolution dans l’industrie de l’environnement au Québec. La firme de consultants NovAxia, avec son architecture d’entreprise unique, pourrait bien être la clé de voûte de la réussite de ces réformes.

En effet, grâce à son approche axée sur la création d’un dialogue entre les acteurs de l’industrie et à sa volonté d’optimiser le tri et le recyclage afin de réellement les inscrire dans une économie circulaire, NovAxia est ce joueur d’équipe essentiel sur lequel l’industrie peut compter pour progresser.

« Peu importe la matière, des processus peuvent être mis en place dans des usines pour en faciliter la séparation, explique Sara-Emmanuelle Dubois, présidente de NovAxia. Nous nous imbriquons dans ces projets-là, sur le terrain même, en faisant des diagnostics afin de moderniser les systèmes. Nous y intégrons des outils liés au suivi de la performance, nous modélisons les processus et rédigeons des appels d’offres, nous faisons la gestion des projets et en quelque sorte, nous optimisons la chaîne de recyclage. »

Cette consultante experte a constaté qu’il arrivait souvent, par exemple, qu’un centre de tri ne connaisse pas tous les procédés. Elle observe de surcroît que les différents acteurs de la chaîne de valeur ne communiquent pas toujours entre eux.

« Des producteurs n’ont pas toujours de suivi sur la fin de vie de leurs produits. En d’autres mots, les centres de tri ne parlent pas aux producteurs, les producteurs ne parlent ni aux centres ni aux recycleurs, et les recycleurs ne communiquent pas davantage. Toutefois, on perçoit de plus en plus que du dialogue et des mécanismes de suivi et de traçabilité se mettent en place pour permettre, justement, d’avoir une vision globale de la chaîne. On s’en va dans la bonne direction. »

Être le pont

Dans un tel contexte, NovAxia fait le pont entre ces différents acteurs, par exemple entre un producteur et un recycleur. « Il faut qu’un produit parvienne à traverser toute la chaîne d’activités, ajoute Mme Dubois. S’il ne se rend pas jusqu’au bout, le produit ne retournera pas au producteur. Il sera éliminé. »

Par ailleurs, les centres de tri ne maîtrisent pas toujours les étapes suivant les procédés de tri et de conditionnement, afin de mener jusqu’aux recycleurs les matières résiduelles qu’ils traitent.

« Le travail d’un centre de tri, c’est de trier, et souvent, ces centres sont composés de petites équipes, précise Sara-Emmanuelle Dubois. Ces dernières sont géniales, mais elles soutiennent tellement d’activités, de la réception à la vente — et c’est parfois la même personne qui agit —, qu’il y a beaucoup d’avantages à collaborer avec NovAxia. Car nous nous promenons partout, nous parlons à tout le monde, par exemple à tous les équipementiers. Et puisque NovAxia n’est pas attachée à un seul équipementier, notre objectivité demeure totale. NovAxia visite aussi plusieurs sites par année afin d’évaluer la performance de nouveaux équipements, d’accomplir une veille technologique ou simplement de voir comment les choses sont faites ailleurs. »

La présidente de NovAxia appuie ses propos d’un exemple concret, celui d’un séparateur doté d’une vis sans fin découvert lors d’un voyage aux États-Unis, il y a trois ans. « Nous avons commencé à intégrer cet outil technologique dans des projets de modernisation et depuis, plusieurs centres de tri sont en voie de l’intégrer dans leurs procédés de pré-tri, raconte-t-elle. Mais à travers cela, ma plus grande satisfaction, c’est de voir l’industrie qui se modernise, qui fait face à la pénurie de main-d’œuvre et à une évolution dans les matières qu’elle traite de façon intelligente, en incorporant des équipements capables de s’adapter à ces transformations. Ce que je souhaite, ultimement, c’est d’améliorer la recyclabilité des produits en fin de vie. »

« Ma plus grande satisfaction, c’est de voir l’industrie qui se modernise, qui fait face à la pénurie de main-d’œuvre et à une évolution dans les matières qu’elle traite de façon intelligente, en incorporant des équipements capables de s’adapter à ces transformations. Ce que je souhaite, ultimement, c’est d’améliorer la recyclabilité des produits en fin de vie. »

Sara-Emmanuelle Dubois, présidente de NovAxia

La force de frappe de l’équipe

La solide clientèle de NovAxia — constituée de centres de tri, d’organismes désignés ou privés en gestion de la REP, de centres pour résidus de construction et de démolition, d’écocentres, de municipalités, ainsi que de RECYC-QUÉBEC et d’Éco Entreprises Québec (ÉEQ) — s’est édifiée grâce à l’expérience du milieu de Sara-Emmanuelle Dubois.

Après sa formation universitaire en mathématiques et en génie et l’obtention d’un MBA, elle a en 2007 joint les rangs de Gaudreau Environnement, une entreprise de Victoriaville du domaine de la gestion des matières résiduelles. À l’époque, en plus d’effectuer la collecte, celle-ci gérait un site d’enfouissement, un centre de tri, un poste de transbordement et une usine de recyclage du verre. « C’est là où je me suis principalement fait les dents », confie Sara-Emmanuelle Dubois, en ajoutant que « toute cette expérience unique dans le milieu des matières résiduelles ne s’enseigne pas à l’université. »

En 2013, elle quitte Gaudreau Environnement pour fonder sa firme de consultation, NovAxia, laquelle n’a fait que croître depuis.

L’une des approches à succès que préconise NovAxia, c’est le travail en équipe ad hoc. « En nous regroupant avec différents consultants pour des mandats précis, nous pouvons avoir un rayon d’action partout au Canada et développer de nouveaux marchés », indique Sara-Emmanuelle Dubois. En l’occurrence, NovAxia travaille avec Pierre Benabidès, fondateur de la firme Lichens, laquelle constitue son plus grand partenaire, mais également avec des collaborateurs implantés ailleurs en Amérique du Nord.

« Il existe des spécificités régionales qu’il faut comprendre en tant que consultant, explique Mme Dubois. Or, nous comptons sur un partenaire en Alberta qui possède déjà son réseau et ses entrées dans cette région, et nous avons aussi deux partenaires en Ontario, dont les systèmes de gestion des matières résiduelles, ainsi que la population et la langue, sont différents de ceux du Québec. Comme Lichens et NovAxia se concentrent sur les Maritimes et le Québec, nos autres partenaires nous permettent de couvrir le Canada en entier. Ainsi, quand nous déposons une offre de service, nous sommes pancanadiens et les forces de chacun font la richesse de nos mandats. »

Étude sur le marché des fibres

Avec cette force de frappe, quand NovAxia a présenté une offre de service à RECYC-QUÉBEC et à ÉEQ pour une étude portant sur le marché des fibres de la collecte sélective, c’était un peu gagné d’avance. « Je suis fière de notre offre, je crois qu’elle était vraiment optimale », affirme Sara-Emmanuelle Dubois.

Cette étude, intitulée Portrait et diagnostic du marché des fibres de la collecte sélective 1, a été réalisée en 2021 par NovAxia et Lichens avec deux autres partenaires, ReMM et Moore & Associates.

« Bill Moore a une notoriété mondiale, il est sans doute le plus grand expert des marchés du recyclage et des fibres dans le monde, avance Sara-Emmanuelle Dubois. La seconde personne qui s’est jointe à notre équipe est un courtier, membre de ReMM (Recyclable Materials Marketing), parce que nous devions évaluer l’ensemble des marchés prévalant notamment en Chine, en Inde et au Vietnam. »

L’étude en question dresse un portrait exhaustif du prix du recyclage des fibres et effectue un diagnostic de l’ensemble de sa chaîne de valeur. Elle propose ainsi des modèles d’intervention pour favoriser le recyclage local, mais également pour garantir l’adéquation entre ce qui est mis en marché, ce qui est récupéré et ce qui est recyclé. Parmi les principaux constats se détache la nécessité d’innover et d’investir dans l’automatisation — pour être en phase, entre autres, avec la pénurie de main-d’œuvre — et le contrôle de la qualité. « L’atteinte de critères de qualité est primordiale si l’on souhaite que les recycleurs acceptent les matières », ajoute la présidente de NovAxia.

Autre fait d’armes, un mandat obtenu par NovAxia, conjointement avec son équipe de collaborateurs canadiens, afin de réaliser pour Agri-Récup (Cleanfarms au Canada anglais) une étude portant sur trois objectifs : éliminer les éléments susceptibles de perturber la chaîne de valeur, augmenter les taux de recyclage et réduire les emballages inutiles tout en encourageant leur réutilisation. Sara-Emmanuelle Dubois ajoute : « Nos recommandations sont venues sous la forme d’un guide de conception des contenants et des emballages dans une perspective d’améliorer leur recyclabilité. Ce projet est typique de ce que nous offrons à une organisation qui fait face aux enjeux actuels de gestion des matières résiduelles qu’elle produit. Ce qui fait la force de notre approche, c’est le caractère très pratique et réel de l’analyse. » En réaction aux besoins croissants exprimés par les producteurs, NovAxia a d’ailleurs développé, en partenariat avec Lichens, un service d’analyse de la recyclabilité des produits : « En plus d’intégrer les critères des protocoles déjà en vigueur comme celui de l’Association of Plastic Recyclers, nous abordons la question de la recyclabilité du point de vue pratique, en réalisant des essais en milieu industriel, sous l’angle du récupérateur et du recycleur, ce qui fournit un diagnostic plus réel encore ».

Un nouveau service de remplacement

Une toute nouvelle offre de service fait maintenant partie du coffre à outils de NovAxia : proposer du remplacement, par exemple pour la gestion d’un centre de tri. « Un gestionnaire doit prendre des vacances ? Partir pour un congé de trois mois ? A besoin de bras additionnels pour réaliser un projet ? NovAxia a la solution », déclare Sara-Emmanuelle Dubois, qui a récemment offert le poste de consultant, optimisation des procédés de tri, à Patrick Bergeron, qui œuvre depuis 17 ans dans l’industrie.

« J’ai commencé ma carrière en courant derrière un camion, à ramasser des bacs de recyclage, précise celui qui était jusqu’à tout récemment directeur de l’un des plus importants centres de tri de la province. J’ai gravi les échelons un à un et grâce à mon expérience du terrain, je peux faire du remplacement dans un poste de gestionnaire. En tant que consultant, je suis aussi là pour aider les entreprises à se moderniser, à améliorer leurs procédés et à régler des problèmes quand elles en ont. »

Pour Sara-Emmanuelle Dubois, Patrick Bergeron possède une expérience unique de l’aspect opérationnel de l’industrie. « Devant une hypothèse, Patrick va la réfuter ou la bonifier en tenant compte de son expérience professionnelle du terrain, confie-t-elle. En vertu de sa vaste expérience, il n’a pas besoin d’être formé ; le fonctionnement, la gestion du personnel d’un centre de tri, l’opération, les arrivages et les expéditions, Patrick connaît tout ça. Il arrive avec un bagage et une expérience inestimables pour un centre de tri. »

Et pour ce genre de travail, Patrick Bergeron se sent très à l’aise. « Oui, c’est un travail que je connais. C’est comme entrer dans de vieilles pantoufles… »

  1. Elle peut être consultée ici : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/portrait-diagnostic-marche-fibres-collecte-selective.pdf3.

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