ReportageRECYC-QUÉBEC : en action pour une société sans gaspillage

RECYC-QUÉBEC : en action pour une société sans gaspillage

Par Marie Mello

En février 2020, RECYC-QUÉBEC dévoilait  le plan d’action 2019-2024 découlant de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, une publication très attendue misant sur cinq grandes mesures et 23 actions. Retour sur la vision de l’organisation et ses projets, en compagnie de Sonia Gagné, présidente-directrice générale.

Accompagné d’investissements totalisant plus de 140 millions de dollars, le plan d’action a été dévoilé dans la foulée des annonces des réformes importantes de nos systèmes de gestion des matières résiduelles. L’objectif de l’organisation gouvernementale est de prévenir le gaspillage des ressources. Elle travaille donc sur plusieurs  chantiers pour atteindre cette cible, notamment, la réduction à la source et le réemploi, le développement de marchés et d’innovations pour les matières recyclables, la modernisation des systèmes de récupération (collecte sélective et consigne) pour récupérer davantage et recycler mieux, ainsi que le déploiement de mesures visant à réduire l’élimination de matières organiques et les résidus de CRD, entre autres.

Pour y parvenir, la société d’État déploie un ensemble de programmes de soutien financier rattachés aux cinq mesures : 1) la modernisation des systèmes de gestion des matières recyclables, 2) la réduction des plastiques et des produits à usage unique, 3) la valorisation des matières organiques, 4) le développement de nouvelles filières de récupération et autres actions structurantes et 5) l’aide aux communautés isolées. En ce moment, RECYC-QUÉBEC contribue activement, grâce à son expertise, à ses données d’analyse et à sa connaissance des tendances dans chaque secteur, aux discussions de la commission du BAPE portant sur l’état des lieux et la gestion des résidus ultimes, dont le mandat a débuté en mars 2021. 

Vers une économie circulaire

Plusieurs des actions actuellement entreprises par RECYC-QUÉBEC visent à revoir nos façons de produire et de consommer pour détourner davantage de matières de l’élimination afin de favoriser une véritable économie circulaire : « La modernisation des systèmes de gestion de matières recyclables est au cœur de nos priorités, tout comme le fait de stimuler l’innovation et le développement de débouchés pour celles-ci », estime Sonia Gagné, dont l’organisation a récemment appuyé 42 initiatives en ce sens dans le cadre de son Programme de soutien au développement des débouchés et d’innovations technologiques pour le traitement de matières résiduelles au Québec. « Ça va de pair ! », ajoute-t-elle, en donnant l’exemple de la papetière Sustana de Lévis, appuyée par RECYC-QUÉBEC dans son développement de débouchés pour le carton multicouche, ou encore celui de Cascades, qui innove avec les papiers mixtes et intègre des matières recyclées dans sa chaîne de production. « Mais c’est avant tout extrêmement important de réduire à la source, de sortir de la logique extraire-utiliser-jeter au Québec. Nous misons sur la circularité de l’économie, la valorisation et l’utilisation optimale des ressources. Il faut agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur et travailler tous ensemble pour trouver des solutions porteuses pour la société québécoise », dit la PDG. Elle souligne l’importance d’un autre appel de projets, « Transition vers une économie circulaire », qui a récemment donné lieu à un soutien de 3,3 M$ pour 15 projets réalisés dans 13 régions du Québec. 

« Ultimement, ces projets visent à ce que les déchets de l’un deviennent la matière première de l’autre. Nous sommes très heureux de cette deuxième cohorte ! s’exclame-t-elle. Chaque entreprise doit en plus inclure à son projet une stratégie d’économie circulaire supplémentaire, comme l’économie de partage ou l’écoconception. »

La participation citoyenne

Créer de nouveaux débouchés pour la matière générée, tout en prévenant la génération de nouvelles matières : telles sont donc les bases de toutes les actions recommandées, entreprises et soutenues par la société d’État. Mais une autre assise des projets de RECYC-QUÉBEC qu’il ne faut jamais oublier, selon sa présidente-directrice générale, est la voix des citoyens et des citoyennes. « Nous menons des études sur le comportement des gens par rapport aux matières résiduelles parce que pour bien les accompagner, il faut savoir d’où ils partent dans leurs croyances, comportements et habitudes. Nous voulons aussi nous assurer de maximiser leur participation et de rendre le tout le plus simple possible », estime Sonia Gagné, qui cite également l’application mobile Ça va où ? parmi les initiatives de connexion avec la population. 

Elle note une forte augmentation de la mobilisation citoyenne, que ce soit dans le cadre des audiences publiques du BAPE, qui se sont déroulées en ligne à cause de la pandémie, ou encore dans les divers types d’appels de projets ou d’événements pilotés par RECYC-QUÉBEC. « Nous avons observé un regain d’intérêt pour l’achat et l’approvisionnement local, la réparation… La dernière année a vu naître toutes sortes de prises de conscience. Le citoyen est plus exigeant, ça nous facilite le travail et nous donne confiance dans la progression vers notre objectif, soit un Québec plus vert, plus circulaire ! »  

« Nous misons sur la circularité de l’économie, la valorisation et l’utilisation optimale des ressources. Il faut agir sur l’ensemble de la chaîne de valeur et travailler tous ensemble pour trouver des solutions porteuses pour la société québécoise. » 

— Sonia Gagné

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