ÉditosRetour vers le futur...

Retour vers le futur…

Par André Dumouchel

Sur le plan professionnel, renouer avec un ancien poste peut donner l’impression de faire du surplace dans sa carrière, ou encore de chercher à regagner la quiétude de sa zone de confort. Pourtant, pour lancer une balle très loin, ne faut-il pas au préalable se donner un pas de recul ?

C’est ce qu’a accompli Louise Fecteau en revenant à la direction générale de Compo-Haut-Richelieu après s’en être absentée pendant plus de 15 ans, démontrant ainsi qu’il ne faut jamais s’empêcher de laisser surgir dans sa vie de nouvelles occasions. Femme d’intuition et de compétences, Louise Fecteau, en revenant dans ses traces pour aller encore plus loin, a eu l’ouverture d’esprit d’aller là où elle sentait pouvoir être utile.

Le titre qui coiffe cette chronique, emprunté en tout respect à un film culte, s’applique au retour de Louise Fecteau chez Compo-Haut-Richelieu, mais il souligne aussi la vision et le « sens du futur » de cette administratrice hors pair.

Règle générale, la psychologie de tous les jours ne donne pas nécessairement bonne presse à l’idée même de retourner dans le passé. Des citations du genre « Il ne faut pas vivre dans le passé » ou encore « Ne jamais se retourner, le passé étant dans le rétroviseur tandis que l’avenir est devant soi » associent le passé à un état qui ne permet plus d’avancer, voire de progresser. Et y retourner peut aussi indiquer que nous abdiquons devant des défis à venir, ou même que nous préférons le confort des choses connues que le passé apporte. Bref, cela peut sonner comme un échec dans certains milieux professionnels, ou comme une régression personnelle dans une vie…

Une job à finir

Pourtant, qui n’a pas « une job à finir » quelque part dans sa vie, personnelle ou professionnelle ? Pourquoi alors se priver de retourner sur ses pas, en ayant la volonté d’adopter un comportement qui nous mènera encore plus loin que la première fois ? Qui n’a pas rêvé, un jour, de retourner dans le passé afin de refaire des choix de vie avec l’impression de pouvoir mieux contrôler son destin ?

En 1996, la carrière de Louise Fecteau chez Compo-Haut-Richelieu avait démarré sur les chapeaux de roues. À peine embauchée, elle contribua à implanter la collecte sélective et quelque temps après, elle commença la construction des premiers écocentres du Québec. Ni un, ni deux, mais bien trois écocentres ! Aujourd’hui, il en existe des centaines au Québec. Parler de leur existence, en 2022, peut sembler banal tellement ils sont entrés dans nos mœurs. Toutefois, à l’époque de leur création, il a fallu concevoir des systèmes à mettre en place et définir comment ça fonctionnait, cette affaire-là… Force est de constater que ce défi a été relevé avec brio.

Première société d’économie mixte en environnement dans le monde municipal et première société à créer des écocentres, ces primeurs auraient pu suffire à étaler au grand jour le talent d’administratrice de Louise Fecteau, mais c’était sans compter d’autres initiatives comme l’implantation de la collecte sélective, la construction d’un centre de tri des matières recyclables et un projet d’agrandissement du site d’enfouissement sanitaire, encore des défis brillamment relevés lors de ses deux premières années d’embauche.

Aujourd’hui, notre reportage sur Louise Fecteau nous fait découvrir que l’occasion était belle pour elle, « en revenant dans ses traces », de donner un formidable élan à une phase de développement de l’entreprise dont elle a contribué à l’envol. Presque 20 ans plus tard, un « petit quelque chose » en plus l’appâtait, c’est-à-dire la création du premier centre de compostage entièrement sous bâtiments au Québec, avec une tonne de défis bien harnachés au bout de l’hameçon ! Et une sorte d’impression en arrière-plan qu’elle a « une job à finir » en menant ce projet à terme. Et le passé lui sert aujourd’hui de tremplin pour se surpasser dans un futur pas si lointain.

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