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Un référentiel de compétences pour prendre part à la transition

Par Daniel Normandin et Riadh Mestiri

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Au Québec, l’économie circulaire gagne du terrain depuis une dizaine d’années. Elle propose une façon différente de produire et de consommer, qui vise notamment à utiliser moins de ressources, à prolonger la vie des produits et à réduire les déchets. Certaines pratiques qui y sont associées, comme le recyclage ou l’écologie industrielle, existent toutefois depuis beaucoup plus longtemps.

Jusqu’à récemment, une grande partie des efforts a porté sur les politiques publiques, les technologies, les nouvelles pratiques et les modèles d’affaires nécessaires pour rendre notre économie plus circulaire. Or, un autre élément essentiel est passé sous le radar : les compétences dont les personnes ont besoin pour contribuer à cette nouvelle économie. En effet, car la transition vers une économie circulaire ne se limite pas à adopter de nouvelles technologies. Elle implique aussi de changer certaines façons de concevoir, d’acheter, de produire, de vendre, de gérer et de travailler. Et cela concerne pratiquement tous les métiers.

C’est pour répondre à ce besoin que le Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire (CERIEC) de l’École de technologie supérieure, en collaboration avec le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI) et le Réseau de recherche en économie circulaire du Québec (RRECQ), a contribué à l’élaboration du Référentiel des compétences transversales liées à l’économie circulaire, publié en mai dernier. Ce projet a été mené grâce au soutien financier du Conseil emploi métropole (CEM). Son objectif est simple : aider les organisations et les personnes à mieux comprendre les savoirs et les savoir-faire nécessaires pour passer à l’action.

L’économie circulaire se met en œuvre dans l’ensemble des métiers

La transition vers des modèles durables et circulaires ne dépend pas d’une seule personne responsable du développement durable au sein d’une organisation. Elle concerne tous les secteurs : approvisionnement, marketing, finances, design, production, etc.

Prenons un exemple. Une entreprise peut vouloir réduire son utilisation de matières premières. Mais qui doit analyser les flux de matières ? Qui doit trouver des solutions ? Qui doit en évaluer les coûts et les bénéfices ? Qui doit modifier les procédés ? Qui doit convaincre les équipes et suivre les résultats ? La réponse : souvent, plusieurs personnes, issues de différents métiers.

L’économie circulaire ne s’adresse pas uniquement aux spécialistes de l’environnement ou du développement durable. Elle concerne également les ingénieurs, les acheteurs, les gestionnaires, les équipes chargées des activités courantes, du marketing, des ressources humaines et de la formation. Dans cette perspective, le référentiel propose des actions concrètes pour intégrer les principes de l’économie circulaire à l’ensemble de ces fonctions.

Six compétences pour agir

Le référentiel s’organise autour de six grandes compétences : comprendre, évaluer, concevoir, déployer, piloter et transformer.

Comprendre, c’est savoir ce qui se passe : quelles ressources sont utilisées, d’où elles viennent, où elles vont et où se trouvent les possibilités d’amélioration.

Évaluer, c’est comparer les différentes options : quelle solution est la plus intéressante ? Quels en sont les coûts, les avantages, les risques et les limites ?

Concevoir, c’est traduire les objectifs en solutions concrètes, par exemple, en repensant un produit pour qu’il soit plus facile à réparer, à réutiliser ou à démonter.

Déployer, c’est passer de l’idée à la réalité en mettant les solutions en œuvre.

Piloter, c’est suivre les résultats, mesurer les progrès et ajuster les actions lorsque nécessaire.

Transformer, enfin, c’est travailler avec les personnes. Cela suppose de communiquer, de former, de mobiliser, de convaincre et de soutenir l’évolution des pratiques.

Ces compétences peuvent être développées à différents niveaux, selon l’expérience et les responsabilités de chacun.

Des outils pour développer les compétences

Le référentiel présente également six outils répondant à différents besoins à trois échelles : les personnes, les acteurs de la formation et les organisations.

Les personnes peuvent évaluer leurs compétences en économie circulaire grâce à un outil d’autoévaluation . Un plan de progression professionnelle les aide ensuite à définir leurs objectifs de développement des compétences et à déterminer les moyens pour les atteindre, comme une formation, un projet ou une nouvelle responsabilité.

Pour l’enseignement et la formation, l’outil de parcours de formation modulaire permet de structurer des apprentissages progressifs en fonction des compétences visées et du niveau de maîtrise recherché.

Dans les organisations, l’outil de développement des compétences internes aide les gestionnaires à identifier les compétences à renforcer au sein de leurs équipes. Par exemple, un groupe de municipalités peut créer un système commun de partage de matériel d’entretien. Cet outil leur permet de déterminer conjointement les compétences nécessaires à la mise en œuvre et au fonctionnement d’un tel système.

L’outil d’attraction, de gestion et de rétention des talents permet aux équipes des ressources humaines d’intégrer ces compétences dans les descriptions de poste. Il assure ainsi l’alignement précis des responsabilités et des compétences.

Le diagnostic de maturité circulaire est un outil de pilotage qui aide les directions et les gestionnaires à évaluer la capacité de leur organisation à mettre en œuvre des démarches circulaires. Il permet de cartographier et de qualifier les compétences disponibles au sein de l’organisation en fonction des objectifs de planification établis.

Ces six outils constituent autant de moyens de mettre en pratique les connaissances présentées dans le référentiel. D’autres usages demeurent possibles selon les besoins de chaque milieu. Le référentiel sert à la fois de carte et de boussole pour naviguer dans l’économie circulaire, tout en laissant à chacun le soin de tracer son propre chemin.

La transition aura besoin de compétences

L’économie circulaire ne repose pas seulement sur de nouvelles technologies. Elle s’appuie aussi sur la capacité des individus à les utiliser, à adapter leurs pratiques et à travailler autrement. Les politiques publiques, les innovations technologiques et les modèles d’affaires ne produiront pas les résultats escomptés si les personnes concernées ne possèdent pas les compétences requises.

La transition vers une économie circulaire nécessite donc le développement de compétences spécifiques. Le référentiel vise à les rendre plus visibles et à fournir aux organisations des outils pour les acquérir. En somme, il aide à passer de la volonté à la capacité d’agir.

Pour en apprendre davantage :

www.collections.banq.qc.ca/document/1evF0DvI_bFG6pKHRVYenQ

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