Face aux défis que pose la transition verte, le Grand diagnostic vert amorce un tournant majeur pour le marché du travail québécois. Il trace les grandes lignes d’une évolution incontournable, en formulant les enjeux, les besoins et les recommandations propres à chaque secteur d’activité économique, tout en mettant en lumière les priorités communes pour soutenir les entreprises dans leur adaptation.
Un diagnostic pour mieux cerner les dynamiques sectorielles
Les secteurs d’activité couverts par les comités sectoriels de main-d’œuvre (CSMO) se regroupent en trois grandes catégories : le secteur primaire, le secteur secondaire et le secteur tertiaire. Chacun présente des réalités distinctes, avec ses défis, ses besoins et ses leviers. S’y intéresser permet de découvrir de nouvelles perspectives et de tirer profit des occasions favorables qui en découlent.
Secteur primaire
Le secteur primaire regroupe les entreprises spécialisées dans l’extraction de ressources naturelles et la production de matières premières.
Les grandes entreprises de ce secteur semblent mieux préparées à la transition verte. En revanche, les PME et les travailleurs autonomes ont besoin d’un soutien accru pour la réussir. Le secteur fait aussi face à un enjeu de relève : l’attraction des jeunes y est difficile, ce qui fragilise le renouvellement de la main-d’œuvre.
Secteur secondaire
Le secteur secondaire concerne les entreprises de transformation des matières premières en produits finis ou semi-finis.
Ici, l’engagement dans la transition verte progresse, mais plusieurs contraintes ralentissent le rythme, comme des ressources financières et humaines limitées et peu de temps disponible pour libérer du personnel à des fins de formation. Ces freins nuisent à l’acquisition des compétences nécessaires à l’adoption de pratiques plus durables.
Secteur tertiaire
Le secteur tertiaire regroupe les entreprises qui exercent des activités commerciales et administratives et qui offrent des services aux consommateurs ou aux organisations.
On y observe d’importantes disparités dans l’adoption des pratiques écoresponsables, particulièrement dans les régions éloignées, où l’accès aux ressources et aux outils de soutien est plus limité. Par ailleurs, un manque de clarté quant aux responsabilités en matière de durabilité complique la mise en œuvre d’actions coordonnées et efficaces pour soutenir la transition verte.
Trois priorités à l’échelle du marché du travail
Au-delà des spécificités sectorielles, le diagnostic met en évidence trois priorités à considérer collectivement pour faire avancer la transition verte :
- Définir clairement ce qu’est la transition verte. Élaborer une définition claire, partagée et consensuelle de la transition verte, incluant les principes liés à l’emploi et aux compétences vertes pour mobiliser efficacement les acteurs autour de repères communs.
- Évaluer la maturité verte des entreprises. Mettre en place des diagnostics réguliers de la maturité des entreprises face aux enjeux environnementaux pour cibler les besoins en compétences et les types d’accompagnement à privilégier.
- Gérer le changement sectoriel. Développer des stratégies de gestion du changement adaptées aux réalités de chaque secteur afin d’aider les entreprises à transformer durablement leurs pratiques, à renforcer les compétences de leur main-d’œuvre et à intégrer pleinement les enjeux environnementaux à leur développement.
L’engagement d’EnviroCompétences : passer de la vision à l’action
Dans la continuité du Grand diagnostic vert, le Pôle d’expertise en transition verte entend jouer un rôle moteur. Il s’engage à outiller les CSMO, à leur offrir des solutions concrètes et à réaliser des projets sur mesure pour leur permettre de répondre aux défis propres à leur secteur.
Cet engagement se traduit par une stratégie d’accompagnement cohérente, fondée sur :
- une veille prospective continue ;
- a production de ressources pratiques, directement mobilisables sur le terrain ;
- des formations ciblées, des outils pédagogiques et des activités de sensibilisation ;
- des campagnes d’information et des partenariats pour élargir la diffusion des savoirs.
Trois axes d’action pour développer l’expertise collective
Le Pôle d’expertise en transition verte articule son action autour de trois objectifs clairs, alignés sur les priorités du Grand diagnostic vert :
- Renforcer la compréhension de la transition verte par des formations accessibles, des outils pédagogiques et des initiatives de sensibilisation destinés à tous les intervenants et intervenantes.
- Améliorer l’accès aux ressources par des campagnes ciblées et des alliances stratégiques qui maximiseront les retombées des mesures déployées et la diffusion élargie des connaissances.
- Soutenir concrètement le changement sur le terrain par des outils pratiques, comme des grilles d’autoévaluation, des guides et des modules de formation, qui consolideront l’offre de services des CSMO et renforceront leur expertise sectorielle.
Des projets sur mesure pour chaque secteur
Des initiatives adaptées aux spécificités économiques et environnementales de chaque secteur verront le jour. Ces projets sur mesure permettront aux CSMO de gagner en autonomie, de mieux comprendre les effets de la transition sur leur main-d’œuvre et d’organiser leur action de manière stratégique.
Chaque chantier sera soutenu par une gamme d’outils pour soutenir les équipes : soutien au changement, développement des compétences, accompagnement vers des pratiques écoresponsables, etc.
Miser sur la mobilisation pour une économie durable
C’est en renforçant les liens, en diffusant les bonnes pratiques et en développant les compétences de demain que l’on parviendra à faire évoluer durablement le marché du travail. Ensemble, les CSMO et les entreprises québécoises ont tout en main pour réussir la transition verte et contribuer à bâtir une économie plus résiliente, plus juste et plus respectueuse de l’environnement.
Référence :
EnviroCompétences (2025). Grand diagnostic vert : enquête sur l’impact de la transition verte desservie par les différents CSMO.


