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L’environnement, cette cerise sur le sundae qui pourrait tout régler        

Par Gregory Pratte

Saviez-vous que, selon un récent sondage Synopsis, seuls 13 % des Québécois et Québécoises font de l’environnement leur priorité ? Lorsqu’on considère les « vraies » priorités de la population, on découvre ce top 3 : la santé, l’inflation, le coût de la vie. Il est légitime de se demander si l’on regarde dans la bonne direction. Et c’est ce que j’ai envie de creuser pour le plaisir.

L’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes

On vit à une époque où tout semble s’accumuler et où notre charge mentale surchauffe. On nage en pleine multicrise : climat, énergie, logement, accès aux soins, prix du panier d’épicerie. Chacune de ces crises dans sa propre case, chacune avec son lot d’experts, chacune avec sa ligne budgétaire. Sauf que ces cases-là ne sont pas étanches. Elles sont intimement liées, comme des vases communicants. Et l’environnement, c’est souvent la connexion qu’on oublie d’explorer.

Prenons la santé. Avez-vous remarqué le nombre de maladies orphelines qui débarquent dans nos vies depuis quelques années ? Allergie à ci, intolérance à ça, troubles respiratoires qui apparaissent chez des populations qui n’en avaient jamais eu auparavant. Au Québec seulement, la pollution de l’air est responsable d’environ 4000 décès prématurés par année. On en a parlé avec la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers dans le balado Ça va mieux qu’on pense.

Le 26 juin 2026, près de 3000 personnes sont mortes en une seule journée à cause de la canicule en France. Je sais, c’est loin de nous, l’Europe, mais n’oublions pas que la Terre est ronde. Les coupables sont nombreux : particules fines, modes de transport, feux de forêt, canicules multiples… C’est connu, prouvé et directement lié à la façon dont on traite notre environnement. Loin de moi l’idée de sombrer dans la culpabilisation, mais un réveil collectif est de mise.

Quand on dit que la santé est LA priorité des Québécois, on a tous raison. On oublie juste de faire le lien avec ce qui la menace.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Jasons du coût de la vie. C’est difficile pour bien des gens en ce moment. En 2023, au Québec, les feux de forêt nous ont coûté collectivement 8 milliards de dollars. Entre 2010 et 2022, les primes d’assurance habitation ont grimpé de 97 %, en bonne partie à cause des événements météo extrêmes. Et ça continue de monter. Ajoutez les conséquences sur le panier d’épicerie, elles aussi de plus en plus liées aux changements climatiques – insectes envahissants, sécheresses, écarts de température. On cherche des solutions à l’inflation dans les taux d’intérêt et les programmes gouvernementaux, ce qui est bien, mais on oublie qu’une partie de la facture s’écrit directement dans le ciel et dans le sol. Notre adaptation aux changements climatiques, on la paye collectivement.

Alors non, l’environnement ne devrait pas se trouver loin derrière la santé et l’économie. C’est plutôt le carburant des deux autres.

Un vieux problème

Et c’est là qu’on a un problème de communication collectif – pas un problème de bonne volonté. L’environnement, tel qu’on le présente depuis 30 ans, ressemble trop souvent à une cerise sur le sundae. Un extra, une case verte qu’on coche quand on a le luxe du temps et des moyens financiers. On lui donne l’image du tri des déchets bien fait ou des pistes cyclables, mais jamais celle du système immunitaire de nos communautés ou de la police d’assurance de notre économie. Résultat des courses : les gens sont sensibles à l’environnement, mais ne voient juste pas encore le fil qui le relie à ce qui les garde éveillés la nuit. On est de plus en plus nombreux à faire de l’insomnie, et avec raison. Changeons le narratif alors qu’il est encore temps.

C’est particulièrement en environnement que l’ISÉ (l’information, la sensibilisation et l’éducation) entre en scène. Pas pour culpabiliser qui que ce soit, on a déjà bien assez de monde qui pointe du doigt. L’ISÉ, dans sa version la plus utile, sert plutôt à établir des liens, à montrer que prioriser l’environnement, ce n’est pas choisir entre notre santé et notre portefeuille d’un côté, et la planète de l’autre. C’est la façon de protéger les deux.

Un travail collectif

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a moyen de changer les choses. Pas avec de la culpabilité, car elle fatigue, referme les esprits et fait fuir. Je veux plutôt parler d’information claire, de sensibilisation qui parle le langage des vraies préoccupations des gens, et d’éducation qui montre le lien plutôt que de l’exiger de bonne foi.

La prochaine fois que vous voyez passer une statistique sur l’environnement, essayez le petit exercice que je fais au moment d’écrire ces lignes.

Demandez-vous ce que ça coûte en santé, en vrais dollars, en tranquillité d’esprit et en qualité de vie. Vous verrez, la cerise sur le sundae devient vite une priorité.

Est-ce qu’on a les moyens de laisser aller la situation ? Poser la question, c’est un peu y répondre. On dit qu’un seul dollar investi en prévention permet d’économiser 15 $ en réparation. À méditer.

Rappelez-vous que tout est relié. Chaque geste individuel et collectif qu’on pose pour l’environnement allège la pression sur nos urgences, notre santé et notre épicerie. On n’a pas besoin de choisir nos batailles. On en a une seule, avec plusieurs fronts qui se soutiennent entre eux.

On a tout ce qu’il faut pour faire mieux. On possède les connaissances, les solutions, la capacité collective. Il faut seulement se redonner un peu de fierté. À go, on se la redonne, la gang.

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