Du matériel électronique aux textiles, en passant par les piles imbriquées dans les petits appareils et les rebuts industriels, les centres de formation en entreprise et récupération (CFER) contribuent à donner une seconde vie à une multitude de matières..
D’emblée, la pertinence de leur mission environnementale n’est plus à démontrer. Depuis la création de la toute première école-entreprise à Victoriaville, en 1990, des quantités considérables de matériaux ont été détournées de l’enfouissement.
Plus remarquable encore, les CFER ont vu le jour à une époque où la récupération et le recyclage n’étaient l’affaire que d’une poignée d’initiés.
Dans cet esprit, il faut saluer le travail du CFER de Victoriaville, aujourd’hui nommé en l’honneur de l’un de ses fondateurs, Normand Maurice. L’établissement a notamment été à l’origine des efforts de récupération de la peinture et de ses contenants, une initiative qui a contribué à la création du programme québécois Éco-Peinture, en 2001.
Et, encore aujourd’hui, même si tout un écosystème d’entreprises œuvrant dans le secteur de la gestion des matières résiduelles s’est développé, les CFER conservent toute leur importance. Le projet pilote mené au CFER Val-des-Cerfs, à Granby, avec l’organisme Appel à recycler en est un autre exemple inspirant. Il vise à récupérer les piles intégrées dans les petits appareils.
Soulignons aussi l’apport essentiel d’entreprises comme Hydro-Québec, Bell et Palco, qui n’hésitent pas à travailler avec les CFER. Elles contribuent ainsi, à leur façon, à la double mission de ces centres.
Récupérer pour valoriser
Comment rester insensible à la vraie raison d’être de l’organisme ? Les 21 écoles-entreprises du Réseau québécois des CFER accueillent des jeunes, souvent malmenés par la vie, qui n’arrivent pas à trouver leur place dans le parcours scolaire traditionnel.
Elles leur offrent une formidable occasion de renouer avec l’école et de se préparer au marché du travail. Un soutien qui peut changer le cours d’une vie.
Le témoignage de Logan Ouellet, qui a récemment terminé son parcours de trois ans au CFER des Navigateurs, à Lévis, est particulièrement éloquent. Pour lui, le CFER a été une véritable école de la « deuxième chance ». Son stage final lui a permis de trouver sa voie.
Chapeau aux enseignants et aux équipes de ces écoles-entreprises qui accompagnent ces jeunes au quotidien tout au long de leur formation.
Les CFER apportent une contribution inestimable à la société. Mais n’oublions pas que leur action demeure tributaire de l’aide des entreprises et des particuliers, qui peuvent soutenir le Réseau québécois des CFER par des partenariats d’affaires ou par des dons en argent à sa fondation.
Les CFER ont fait leurs preuves : ils sont agiles, créatifs et ouverts aux nouveaux projets. Les entreprises qui collaborent déjà avec eux en témoignent. D’autres auraient sûrement tout à gagner à leur emboîter le pas et à contribuer, elles aussi, à la poursuite de leur mission.
La marque de Normand Maurice
Difficile de passer sous silence le rôle de Normand Maurice, surnommé « le père de la récupération au Québec », dans la création des CFER. C’est sous l’impulsion de cet enseignant visionnaire de Victoriaville et de ses collègues que le tout premier centre de formation en entreprise et récupération a été créé, en 1990.
Un legs fondateur laissé par « ce défonceur de portes extraordinaire », comme le décrit le directeur général du Réseau, Guillaume Leduc. Ses différentes initiatives ont notamment jeté les bases de la gestion des matières résiduelles dans la région de Victoriaville, souvent qualifiée de « berceau du développement durable ».
Il n’est pas surprenant que Normand Maurice, décédé en 2004, ait été reconnu par l’UNESCO à titre d’« Enseignant de l’année au Canada », en 1999, pour son approche unique.
Plus de 35 ans après la création du premier centre, il y a de quoi se réjouir : les CFER poursuivent avec cœur l’œuvre de ce pionnier. Et, à la tête du Réseau, Guillaume Leduc veille avec brio et avec humanité à faire rayonner cette mission. Trouvons une façon de les aider.


